
Aldor (le podcast)
Un site avec des mots, des images et des sons. Le podcast Aldor explore divers sujets à travers des épisodes audio. Il est produit par Aldor, un créateur francophone.
Épisodes

Magnifique humanité
Fleur de pavot
Dans son encyclique sur l’intelligence artificielle, qui n’est pas aussi extraordinaire que le prétendent tous ceux qui en parlent sans l’avoir lue, mais qui est bien intéressante tout de même, Léon XIV, reprenant une pensée que son prédécesseur François avait longuement développée, rappelle que la dignité de l’être humain n’est pas dans

Fallout (la série)
Lucy MacNeal (Ella Purnell) dans Fallout, (c) Prime video
Je trouve étonnante, réjouissante mais suspecte aussi la capacité de l’industrie cinématographique étatsunienne à produire des films et séries qui, sous leur dehors récréatifs et satiriques, dénoncent de façon acerbe et assez effrayante les dérives possibles du système économique et politique où nous vivons, de cet sor

Leonora Carrington
Leonora Carrington, A map of the Human Animal (détail)
Dans Mu, le maître et les magiciennes, Alexandro Jodorowsky livre un récit halluciné de sa rencontre avec Leonora Carrington, au Mexique, au début des années 1960.
Jodorowsky, je le lisais parce que Gurdjieff ; Gurdjieff, parce que Katia et le Matin des magiciens ; le Matin des magiciens parce que ma mère et Planète. Et

Le bain
David E. Scherman et Lee Miller, Lee Miller dans la baignoire d’Hitler, Munich, 30 avril 1945
Photographe et modèle : Lee Miller fut les deux, et la très belle exposition que lui consacre le Musée d’art moderne témoigne de ce double statut puisque les images présentées sont tout autant des photos qu’elle réalisa que des photos où elle figure.
Est en partic

Iphigénie (de Michel Cacoyannis)
Tatiana Papamoschou (Iphigénie) dans Iphigénie
Je n’ai jamais très bien compris l’espèce de réhabilitation détournée d’Agamemnon à laquelle se livrent Eschyle dans l’Orestie mais aussi Sophocle, Euripide et leurs successeurs, tous ceux ayant osé affronter et mettre en scène l’histoire des Atrides, cette famille terrible vouée aux gémonies.
J’a

La spirale d’Ulam 2. Tachycardie
…Les grandes lignes qui se croisent dans le plan de la spirale d’Ulam ne sont pas contestables : elles sont là et bien là. Et pourtant, elles ne livrent aucune clé car elles sont inexhaustives et imparfaites.
Prenons la diagonale qui descend vers la gauche, que j’ai marquée d’un pointillé vert : 5, 19, 41, 71, 109. La « raison » (comme disent les ma

La spirale d’Ulam 1. Lignes
Centre de la spirale d’Ulam
Au centre de la feuille, on met le 1 ; à sa droite immédiate le 2 ; au-dessus du 2, le 3 ; à gauche du 3, le 4 puis le 5 ; en dessous du 5, le 6, etc. ; et on continue ainsi, déroulant progressivement autour du 1, comme la coquille d’un escargot, une spirale de nombres croissants. Ensuite, on identifie les nombr

Album de famille : le musée Albert Kahn
Fernand Cuville, Jeune italienne, Vicence, 1918 (c) Archives de la planète
Vus de Sirius, les êtres humains sont certainement analogues les uns aux autres. Mais pour nous qui en sommes, pour qui l’unité fondamentale est tellement évidente qu’on n’y prête plus attention et qui avons, de plus, appris à décrypter, avec une extraordinaire acuité, le moindre détai

Horizons perdus (de James Hilton)
Shangri-La (création hybride)
La Cerdagne, cette haute vallée plongée dans l’éclat du soleil et dominée par la pyramide du Carlit ; la Cerdagne ressemble à Shangri-La, cette vallée bleue tibétaine massée au pied du Karakal, suspendue dans le temps et l’espace, décrite par James Hilton dans Horizons perdus.
Je connaissais le film mystico-romantique qu&r

Hécube, pas Hécube (de Tiago Rodrigues)
Séphora Pondi et Elsa Lepoivre(c) Christophe Raynaud de Lage, Comédie française
Il y a Nadia, qui demande justice ; et Hécube, qui se venge.
Il y a une reine déchue, ayant tout perdu et devenue esclave ; et une comédienne qui trouve à la fois la force de défendre son fils dans l’énergie de l’héroïne qu’elle incarne, et la justesse du jeu de son perso

Une révolution intérieure (de Gloria Steinem)
Les histoires que raconte Gloria Steinem dans Une révolution intérieure font penser à Modesta, la magnifique héroïne de L'Art de la joie, de Goliarda Sapienza. Ce sont des récits de renaissance, de naissance peut-être, à tout le moins de libération.
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Printemps silencieux (de Rachel Carson)
Le livre de Rachel Carson, à la fois solidement documenté et écrit avec poésie et humanisme, ne fut donc pas sans effet, il s'en faut de beaucoup. Et pourtant, soixante ans après, comme cinquante ans après le rapport Meadows, comment ne pas constater qu'il fut vain, en ceci que tout ce qu'il disait est à redire, que tout ce qu'il avait permis de commencer est à recommencer ?
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L’adoration des mages (d’Augustin Frison-Roche)
L'adoration des mages est la pièce maîtresse de l'exposition Épiphanies que le Collège des Bernardins consacre à Augustin Frison-Roche.
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La sorcière (de Jules Michelet)
C’est dans cette période de mort, de noirceur et d’étouffement, dans cette époque qui sera bientôt écrasée sous le joug féodal et battue sans relâche par les fourches d’un christianisme combattant tout ce qui lui résiste, que la sorcière apparaît, incarnant la résistance et le refuge.
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Cabane (d’Abel Quentin)
Que fait-on, quand on sait mais qu'on ne peut pas ? Quand on sait, qu'on a parlé mais parlé dans le désert ; qu'on a dit mais que nul n'a voulu nous entendre ; que le laps de temps dont on disposait pour éviter la catastrophe est révolu et qu'il est désormais trop tard ?
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L’Ève future (d’Auguste de Villiers de l’Isle-Adam)
En 1885, Thomas Edison, pour sauver du désespoir un de ses amis tombé amoureux d'une actrice très belle mais stupide et vulgaire, en crée une réplique artificielle, dite andréïde, physiquement indiscernable de l'original et dotée d'un cerveau, d'un système nerveux, de muscles et d'articulations mécaniques et électriques lui donnant l'apparence de l'émotion, de l'intelligence et de la sensibilité.

Battlestar Galactica (de Ronald D. Moore)
Ce qui me plaît, au fond, dans la série Battlestar Galactica, c'est l'idée, très banale et très tarte à la crème mais à laquelle je crois profondément, selon laquelle l'intuition, le coeur et les tripes sont de meilleurs guides que la raison, et que c'est seulement en allant au bout de l'incarnation, dans les affres du corps et de la chair, du désir et de la faiblesse, qu'on accède au spirituel, s

Antidote au culte de la performance (d’Olivier Hamant)
Le marché du village a peut-être moins comme fonction de nous permettre d'accéder à des biens divers que de nous donner l'occasion de croiser la crémière et son joli sourire : imaginer que les choses et les êtres, les projets et les systèmes sont univoques, faits pour ceci ou cela, et que c'est à cette seule aune qu'ils devraient être évalués, c'est faire preuve d'une incompréhension totale et dél

La Belle est la Bête
C'est pour avoir accepté de se mettre à nu, de découvrir l'épaisse toison ténébreuse que recouvrait sa peau d'homme propre sur soi que le prince non seulement peut gagner l'amour de Belle mais devient prince et d'abord homme. Et il le devient non seulement de mettre au jour cette partie enfouie de sa nature, mais d'accepter, de vivre sa sauvagerie, de connaître les tourments, les déchirements, les

Kill me (de Marina Otero)
Y a-t-il un autre trouble, une folie plus grande et plus dévastatrice que l'amour non partagé, l'amour trahi et méprisé de ceux qui aiment vraiment, qui aiment "à la folie" ?
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L’invention de la famille (de Sonia David)
Quelle est cette chose dont nous nous nourrissons et nous libérons tout à la fois pour devenir nous-mêmes, cet être singulier et pourtant si empli des autres, de ce long et large maillage dont nous ne sommes qu'un des maillons ; qu'est-ce qui, en nous et en ces liens, fait famille ?
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Vive (de Joséphine Chaffin)
À Avignon, une scène qui ressemble à un tribunal, un tribunal qu'éclaireraient des lumières de ring. Une petite fille de sept ans qu'émerveillent les alexandrins y apprend Le Loup et l'agneau. Agneau, elle l'est, agneau dont le loup-père abuse (curieux euphémisme), abuse pendant des années, toutes les années d'école, avant qu'elle ne le morde.
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Manières d’être vivant (de Baptiste Morizot)
Il n'y a de véritable et complète existence, il n'y a de véritable et complet nous-mêmes que dans cette relation, cet entrelacement noué avec les autres êtres : nous sommes, nous ne sommes et les autres ne sont que cela : cette part d'un tout qui vibre et saigne à tout retranchement.
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Alice Milliat
Alice Milliat est celle qui, tenant tête à Pierre de Coubertin qui n'avait ouvert les Jeux olympiques aux femmes que dans cinq sports : tennis, voile, croquet, équitation, patinage artistique, combattit pour que toutes les épreuves aient leur volet féminin ; créa, devant le refus du CIO, les Jeux mondiaux féminins, qui prenaient place eux aussi tous les quatre ans, et obtint enfin que les femmes

Sur la route (de Jack Kerouac)
"Bon, on va tous sortir mater le fleuve et les gens et puis sentir l'odeur du monde", déclare, dans Sur la route, Neal Cassady à la petite bande qui traverse avec lui l'Amérique tandis que la voiture et ses passagers viennent d'embarquer sur un ferry qui, de la Nouvelle Orléans, va les transporter en face, à Algiers, sur l'autre rive du Mississippi.
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La France sous leurs yeux
Une nouvelle fois, on se prend à rager : tous ces êtres, tous ces êtres si différents, qui n'aspirent qu'à une vie paisible et douce, et qui sont ballottés, déchiquetés parfois par l'existence, écrasés et rendus fous, méchants, violents, haineux, par l'égoïsme, l'orgueil, l'indifférence, la peur.
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Le facteur K (d’Aurélien Barrau)
Quelque chose suinte et grossit, qui transforme progressivement nos victoires en défaites, nos progrès en régressions, et salit nos fiertés d'un motif de honte. Quelque part, on ne sait pas très bien comment ni pourquoi, quelque chose en nous s'est emballé, et la lumière qui nous guidait, qui éclairait le chemin en en chassant les ombres, est devenue aveuglante.
Cet article Le facteur K (d’Aurélie

Le problème à trois corps (de Liu Cixin)
Ce qui est passionnant (j'en reviens ici à mon introduction), c'est la réflexion en abyme ouverte par le livre. On pourrait en effet considérer Le problème des trois corps, qui met constamment en scène l'armée chinoise, comme un chaînon dans une guerre cognitive douce que, par littérature, cinéma ou réseaux sociaux interposés, se livreraient déjà certaines grandes puissances.
Cet article Le problè

Tous au Larzac
C'est l'improbabilité de tout ce qui se noua, de tout ce qui arriva à se nouer et à démentir tous les pronostics sérieux et rationnels qui pouvaient, qui avaient sans doute été faits sur le cours probable, raisonnable, des événements, qui étonne d'abord et rend joyeux parce que libéré du poids que fait ordinairement peser sur nos idées, sur nos projets, le réalisme, ce réalisme qui continuellement

Le matin des magiciens
Dans la France un peu coincée (certes moins qu'aujourd'hui) des années 1960, Le matin des magiciens, où se mêlaient mysticisme et vénération de la science, antirationalisme et modernité, fut une bouffée d'air.
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La rencontre (de Charles Pépin)
Dans la rencontre, par la rencontre, on devient. Cette rencontre peut être celle d'une personne, d'une œuvre, d'un voyage, d'une simple idée. Mais, de cette rencontre, on sort transformé.
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L’Art de la joie (de Goliarda Sapienza)
L'Art de la joie est l'histoire de Modesta, une sicilienne née au début du XXème siècle, qu'on découvre lorsqu'elle a quatre ans et qu'elle tente de ne pas être totalement écrasée par la misère et l'horizon de désespoir que referment sur elle sa mère crasseuse et sa sœur trisomique, et qu'on suit jusqu'à la soixantaine, ayant surmonté et s'étant aguerrie, enrichie, épanouie de tous les accidents,

Bernard Marx et le meilleur des mondes
Je crois que je me suis depuis toujours identifié à Bernard Marx, le héros pas très glorieux du Meilleur des mondes. Et je crois aussi que j'ai toujours ressenti un certain attrait pour ce Brave new world, pour ce monde qui, s'il relève en partie du cauchemar, a aussi pour lui d'être simple, infiniment simple à vivre.
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Koyaanisqatsi
Les humains mis à part, pas d'animaux dans cette heure et demie d'images qui défilent : nous sommes devenus le seul vivant, le seul maître des choses, un démon terraformeur, constructeur et destructeur, seul être qui ait encore sa place sur cette planète tissée de réseaux.
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Elizabeth Costello (de J. M. Coetzee)
Certes, vaches, moutons et poulets ne sont pas des humains, non plus que les chimpanzés ou les bonobos, qu'on met pourtant en cage et qu'on utilise pour des expériences. Mais où est la différence radicale qui rendrait acceptable dans un cas ce qui ne l'est pas dans l'autre ?
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Une chambre à soi (de Virginia Woolf)
Une chambre à soi, a titré Clara Malraux, la traductrice, là où le texte anglais ne parlait que de room. Mais elle a sans doute eu raison, Clara, qui s'y connaissait en fait d'encombrement de l'espace et d'étouffement par les hommes, de traduire ainsi. Car ce n'est pas seulement un bureau qui, pour Virginia Woolf, a manqué aux femmes, mais une vie, la possibilité d'une vie autonome.
Cet article Un

Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce
On ne soulignera jamais assez que la révolution ne sert à rien si elle n'est pas inspirée par son idéal ultime. Les méthodes révolutionnaires doivent être en harmonie avec les objectifs révolutionnaires. Les moyens utilisés pour approfondir la révolution doivent correspondre à ses buts. En d'autres termes, les valeurs éthiques que la révolution infusera dans la nouvelle société doivent être dissém

Le Mont Analogue
Le Mont Analogue est cette montagne, la plus haute du globe, qui s'élève, invisible, au milieu des mers antipodiques, et qui ne se révèle, comme les péradams, qu'à ceux qui s'en sont montrés dignes (et ont peut-être été, pour cette raison, élus).
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Pieds nus sur la terre sacrée : analogie, analyse, nature et domination
De cette capacité algorithmique à décomposer et à décrire le monde, les esprits analytiques tirent un profond sentiment de supériorité, que vient confirmer leur maîtrise incontestable des sciences et des technologies. Pas un seul instant, les Européens et les néo-Américains n'imaginent qu'ils aient, de leur côté, quelque chose à apprendre des Indiens ; cette hypothèse ne leur traverse pas l'esprit

La montagne magique (de Thomas Mann)
Hans Castorp, un jeune Hambourgeois qui se destine à une carrière d'ingénieur naval, rend visite à son cousin, Joachim, soigné dans un sanatorium de Davos, en Suisse. Venu pour un séjour de trois semaines, il demeurera sept ans dans la montagne. Et c'est là, en haut, loin de la société et des préoccupations ordinaires, qu'il grandira, se découvrira, s'épanouira à la vie et au monde.
Cet article La

L’équilibre (ou la quatrième vision d’Hildegarde)
L'homme ne peut toujours s'occuper du ciel
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Le deuxième sexe (de Simone de Beauvoir)
C'est un livre extraordinaire : on est - je suis - stupéfait par la culture, l'intelligence, la sensibilité, la finesse que déploie l'autrice ; par l'audace et la fermeté de son propos ; par la façon dont, chapitre après chapitre, comme le temps dépose ses sédiments, elle construit ce palimpseste riche, profond, épais, bourré de vie et de contradictions, le portrait fantastique de cette situation

La pêche du jour (d’Eric Fottorino)
Je suis sûr qu’il s’est dit ça, Eric Fottorino : que c’était peine perdue, que c’était encre gâchée, que c’était prétention, que – pire encore – c’était une façon de se donner bonne conscience à peu de frais ; et que ce texte, comme les noyés, comme les Yéménites, comme les femmes afghanes, comme les glaciers, comme les coraux, comme tous nos combats perdus, sombrerait dans les abysses et dans l’o

Laureline, Mara et autres héroïnes
J'aime bien Laureline. Elle est pétillante, dynamique, réfléchie, intelligente, sage, jolie, curieuse, tendre, moqueuse, fragile et terriblement forte, incarnant à elle seule l'inatteignable polysémie que les hommes, parfois, attendent des femmes qu'ils aiment. C'est dire à la fois leur folie et leur détresse.
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Un dépôt d’or pur (Simone Weil)
"Tu crois que j'ai quelque chose a donner. C'est mal formulé. Mais j'ai moi aussi une espèce de certitude intérieure croissante qu'il se trouve en moi un dépôt d'or pur qui est à transmettre. Seulement l'expérience et l'observation de mes contemporains me persuade de plus en plus qu'il n'y a personne pour le recevoir."
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Âge, corps, femmes, hommes
Dans la représentation publique, les femmes sont toujours jeunes et vigoureuses, portant haut leurs seins ronds et leurs cuisses charnues ; disparaissant quand ces attributs passent.
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Venise sauvée (de Simone Weil)
Ce passage sur l'amour qu'on a pour celui dont on attend maux et biens, dont on dépend absolument et qui nous traite comme sa créature, est d'un réalisme, d'un cynisme effrayants. De quelle terrible expérience Simone Weil a-t-elle tiré cette vision noire et amère, servile, dégradante de l'amour ? Cette vision qui fonde ensuite sa conception sadomasochiste des rapports entre hommes et Dieu ?
Cet ar

Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Ce qui choque, en effet, en cette période révolutionnaire, c'est l'espace qui bée entre le droit dénié aux femmes d'être des citoyennes et le droit qui leur est donné de monter sur l'échafaud pour des raisons politiques.
Il y a là une incohérence radicale qui, à elle seule, justifie la Déclaration d'Olympe de Gouges.
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Elégie de Marienbad
C'est cette fonte de l'indifférence accumulée par le temps et l'ennui que, sauf à être irrémédiablement endurci, chacun espère à chaque instant : cette irruption de l'amour qui tellement ébranle et bouleverse qu'elle met bas toutes nos défenses, tous nos replis, brise toutes les murailles que l'égoïsme avait élevées, anéantit toutes les certitudes et précautions dans lesquelles nous nous étions en

La pureté, inversion maligne de l’innocence
L'une des inversions malignes les plus classiques et les plus meurtrières a donné naissance à l'idée de pureté. La pureté est l'inversion maligne de l'innocence. L'innocence est amour de l'être, acceptation souriante des nourritures célestes et terrestres, ignorance de l'alternative infernale pureté-impureté. De cette sainteté spontanée et comme native, Satan a fait une singerie qui lui ressemble

Ayn Rand : La grève (Atlas shrugged)
Le discours d'Ayn Rand est un hymne débridé à l'argent, au dollar et à la recherche égoïste du profit ; sa philosophie est scandaleusement industrialiste, productiviste et totalement déconnectée de nos préoccupations écologiques et planétaires ; elle est l'auteure favorite de Donald Trump, l'héroïne des Libertariens, et probablement l'égérie des
Qanons ; il n'empêche : La grève est un monument qui

Le Paradou
La Chute, ce n'est pas de cueillir le fruit défendu ; c'est la mauvaise conscience qu'on en a.
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La servitude volontaire (ou l’optimisme de La Boétie)
Il existe des tyrans, il existe des chaînes, il existe de la cruauté. Mais le plus souvent, ce que nous désignons ainsi n'est que l'émanation de nous-même, une chose que nous nourrissons en nous et que nous désignons comme autre par abus de langage
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Jeanne
Là est l'éclat de la beauté de Jeanne. Non dans l'assurance et dans la certitude mais dans la foi mêlée de doute, dans la foi malgré le doute, dans cette deuxième vertu qui a nom espérance.
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« Ce que le courage du pêcheur doit au rocher battu par la mer »
Le plus grand plaisir que procurent les champs et les bois est la secrète relation qu'ils suggèrent entre l'homme et les végétaux.
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Monsieur Madeleine et la conscience
La conscience est ce qui transcende toutes les règles, toutes les apparences, toutes les excuses, tous les faux-semblants et les faux-fuyants derrière lesquels nous nous réfugions ordinairement pour nous épargner le fardeau de la liberté ; la conscience, c'est l'exercice de la liberté.
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Imaginer l’après
Peut-être faut-il se laisser pénétrer par les choses : renoncer à cette envie galopante que nous avons de théoriser, de tenter des explications, d'étouffer les choses sous les mots pour simplement ouvrir les yeux, tendre l'oreille, prêter attention.
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Héloïse
La comparaison des lettres d'Abélard et de celles d'Héloïse ne laisse pas le moindre doute : entre l'amour universel et abstrait d'Abélard et l'amour charnel et particulier d'Héloïse, le seul véritable amour est celui d'Héloïse.
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Dieu a rougi la cime ensoleillée des monts du sang de la tulipe
Que pouvons-nous espérer au bout de ce pèlerinage ? A peine un soupçon de Son souffle, peut-être un écho de Son pas.
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Dame Eboshi
Dame Eboshi est l'humanité en guerre contre les dieux et la nature, une humanité qui recherche la victoire mais non pas le pouvoir.
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Femmes puissantes
Prendre sur soi et affronter ce qui nous est donné, pour sauver ce qui peut l'être, pour sauver ceux qui peuvent l'être, sans illusion et sans fierté, sans rodomontades et sans éclat mais avec abnégation et tendresse, qui sont les fils avec lesquels se tisse la dignité
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L’art du chat merveilleux
Une seule chose importe : que pas le moindre soupçon de conscience de soi n'entre en jeu, sinon tout est perdu. Si on pense au but, même d'une façon fugitive, tout devient artificiel.
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À la merci
Chaque jour, partout, recommence cet échange de mercis. Cette abdication de puissance envers qui n'est que faiblesse. Ce don de tout à qui n'est rien. Rien d'autre qu'un appel, un espoir d'espérance. Une étoile dans la nuit.
Noël tous les jours et chaque nuit recommencé.
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Shangri-La ou l’éloge de la modération
La modération de Shangri-La n'est pas un scepticisme généralisé mais plutôt une façon de reconnaître l'imbrication des choses et l’impossibilité dans laquelle nous sommes le plus souvent - même si pas toujours ! - de distinguer non pas le mal du bien mais le tracé exact de la ligne les séparant.
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Le mépris, le déni et le monde qui se délite
Le mépris, d'Alberto Moravia, raconte la progressive découverte, par un homme, de ce qu'il sait déjà, de ce qu'il sait depuis le début. C'est le récit d'un déni qui s'achève, pareil à celui que nous ressentons face au monde qui s'abîme, le voyant se déliter sans cependant y croire vraiment, écartelés que nous sommes entre l'aveuglement, le refus de la culpabilité, une précoce nostalgie et une trop

L’aplatissement du monde
Celui qui n'a pour seul outil qu'un marteau ne peut qu'inlassablement taper ; et les sociétés qui n'ont comme moyen d'évaluation des êtres et des choses que l'argent ne peuvent que les exploiter, les piller si elles le peuvent.
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Jeanne, Charlotte et les autres
Ce sont quatre photos prises au même endroit. Dans les trois dernières, je reconnais Jeanne ; je ne la reconnais pas dans la première. Ou peut-être est-ce la petite fille dans l'ombre. Dans l'ombre, probablement, de sa grande sœur Charlotte.
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L’épaisseur du monde : la pensée écologique, de Timothy Morton
L'épaisseur du monde, c'est la conscience d'une interaction difficile : tout est imbriqué dans ce jeu de billard à mille bandes où volent des effets-papillons et où les choix ne sont simples que pour ceux qui ne voient que la surface des choses.
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Le jeu des perles de verre : introduction à notre entrée dans le Moyen-âge
On se rendit compte progressivement - comme on peut parfois avoir l'impression de le vivre aujourd'hui - que l'Empire riche et dominant allait à sa perte, et que le seul moyen de lui survivre était de s'en détacher, et de bâtir, à l'écart des grandes routes et des grandes villes impériales, des villages éloignés du progrès mais qui, pour cette raison, gagneraient en résilience.
Cet article Le jeu

Les lis des champs
Arrêtons-nous un peu. Et peut-être se rendra-t-on compte qu'il n'est pas nécessaire, pour vivre et survivre, de mettre le monde à feu et à sang et de tout détruire autour de nous..
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Le Seigneur m’a dit de manger (de Marie Noël)
Toi qui m'as fait, Dieu, si je dois,
Innocent, ne jamais mourir,
Ah ! Pourquoi donc as-Tu, pourquoi,
Chargé la Mort de me nourrir ?
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« Si la douceur était un geste, elle serait caresse »
La douceur implique le corps, c’est-à-dire l’idée et la sensibilité d’un corps que la douceur aurait éduqué, élevé, anobli. Sa puissance distillée par les sens.
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Faut-il que nous soyons corrompus de façon répugnante…
"Faut-il que nous soyons corrompus de façon répugnante, pour avoir cru, pendant des millénaires, que chutent les Anges par amour des filles belles, alors que le meurtre et la guerre passent pour héroïques et forts.
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Antigone, l’orgueil et la liberté
Depuis toujours, Antigone m'horripile avec son orgueil et son mépris du bonheur. Mais je l'aime. Je l'aime et me dis parfois que son insupportable orgueil n'est que l'autre nom de la liberté.
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Les miracles véritables, qu’ils font peu de bruit !
Le plaisir véritable est plaisir de convive. Le sauvetage n’était que l’occasion de ce plaisir. L’eau n’a point le pouvoir d’enchanter, si elle n’est d’abord cadeau de la bonne volonté des hommes.
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Aimer – me dit l’aimée – Sais-tu de quoi tu parles ?
"Aimer - me dit l'aimée - Sais-tu de quoi tu parles ?"- "Oui : de cette chose-là qui conduit aux étoiles,Par qui tout autre amour advient,Et qui meurt, très ordinairement,De la peur de chuter dans le déséquilibre."
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Anne et Etty (souvenir d’Amsterdam)
Et puis Anne et Etty qui chantent dans la nuit Et dont la voix s'élève jusque dans les étoiles !
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Novlangue
Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer.
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Porte des étoiles
"La beauté résulte de la rencontre de l'intériorité d'un être et de la splendeur du cosmos."
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L’Imprécateur (René-Victor Pilhes)
Or c’était le temps où les pays riches, hérissés d’industries, touffus de magasins, avaient découvert une foi nouvelle, un projet digne des efforts supportés par l’homme depuis des millénaires : faire du monde une seule et immense entreprise.
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