
Aldor (le podcast)
Un site avec des mots, des images et des sons. Le podcast Aldor explore divers sujets à travers des épisodes audio. Il est produit par Aldor, un créateur francophone.
Épisodes

Fallout (la série)
Lucy MacNeal (Ella Purnell) dans Fallout, (c) Prime video
Je trouve étonnante, réjouissante mais suspecte aussi la capacité de l’industrie cinématographique étatsunienne à produire des films et séries qui, sous leur dehors récréatifs et satiriques, dénoncent de façon acerbe et assez effrayante les dérives possibles du système économique et politique où nous vivons, de cet sor

Leonora Carrington
Leonora Carrington, A map of the Human Animal (détail)
Dans Mu, le maître et les magiciennes, Alexandro Jodorowsky livre un récit halluciné de sa rencontre avec Leonora Carrington, au Mexique, au début des années 1960.
Jodorowsky, je le lisais parce que Gurdjieff ; Gurdjieff, parce que Katia et le Matin des magiciens ; le Matin des magiciens parce que ma mère et Planète. Et

Le bain
David E. Scherman et Lee Miller, Lee Miller dans la baignoire d’Hitler, Munich, 30 avril 1945
Photographe et modèle : Lee Miller fut les deux, et la très belle exposition que lui consacre le Musée d’art moderne témoigne de ce double statut puisque les images présentées sont tout autant des photos qu’elle réalisa que des photos où elle figure.
Est en partic

Iphigénie (de Michel Cacoyannis)
Tatiana Papamoschou (Iphigénie) dans Iphigénie
Je n’ai jamais très bien compris l’espèce de réhabilitation détournée d’Agamemnon à laquelle se livrent Eschyle dans l’Orestie mais aussi Sophocle, Euripide et leurs successeurs, tous ceux ayant osé affronter et mettre en scène l’histoire des Atrides, cette famille terrible vouée aux gémonies.
J’a

La spirale d’Ulam 2. Tachycardie
…Les grandes lignes qui se croisent dans le plan de la spirale d’Ulam ne sont pas contestables : elles sont là et bien là. Et pourtant, elles ne livrent aucune clé car elles sont inexhaustives et imparfaites.
Prenons la diagonale qui descend vers la gauche, que j’ai marquée d’un pointillé vert : 5, 19, 41, 71, 109. La « raison » (comme disent les ma

La spirale d’Ulam 1. Lignes
Centre de la spirale d’Ulam
Au centre de la feuille, on met le 1 ; à sa droite immédiate le 2 ; au-dessus du 2, le 3 ; à gauche du 3, le 4 puis le 5 ; en dessous du 5, le 6, etc. ; et on continue ainsi, déroulant progressivement autour du 1, comme la coquille d’un escargot, une spirale de nombres croissants. Ensuite, on identifie les nombr

Album de famille : le musée Albert Kahn
Fernand Cuville, Jeune italienne, Vicence, 1918 (c) Archives de la planète
Vus de Sirius, les êtres humains sont certainement analogues les uns aux autres. Mais pour nous qui en sommes, pour qui l’unité fondamentale est tellement évidente qu’on n’y prête plus attention et qui avons, de plus, appris à décrypter, avec une extraordinaire acuité, le moindre détai

Horizons perdus (de James Hilton)
Shangri-La (création hybride)
La Cerdagne, cette haute vallée plongée dans l’éclat du soleil et dominée par la pyramide du Carlit ; la Cerdagne ressemble à Shangri-La, cette vallée bleue tibétaine massée au pied du Karakal, suspendue dans le temps et l’espace, décrite par James Hilton dans Horizons perdus.
Je connaissais le film mystico-romantique qu&r

Hécube, pas Hécube (de Tiago Rodrigues)
Séphora Pondi et Elsa Lepoivre(c) Christophe Raynaud de Lage, Comédie française
Il y a Nadia, qui demande justice ; et Hécube, qui se venge.
Il y a une reine déchue, ayant tout perdu et devenue esclave ; et une comédienne qui trouve à la fois la force de défendre son fils dans l’énergie de l’héroïne qu’elle incarne, et la justesse du jeu de son perso

Une révolution intérieure (de Gloria Steinem)
Gloria Steinem et Dorothy Pitman-Hughes en 1971, (c) Dan Wynn, Esquire Magazine
Les histoires que raconte Gloria Steinem dans Une révolution intérieure font penser à Modesta, la magnifique héroïne de L’Art de la joie, de Goliarda Sapienza. Ce sont des récits de vie, y compris la sienne, des récits de moments de vie où soudain un être, homme ou femme, décide de se faire confia

Printemps silencieux (de Rachel Carson)
Image générée par Midjourney
Il y a plus de soixante ans, en 1962, Rachel Carson décrivait, de façon précise, méthodique et documentée, la pollution, ou plutôt l’empoisonnement général et systémique de la biosphère par les produits chimiques de synthèse, notamment pesticides et herbicides. Elle montrait comment ces produits, biocides à large spectre, se concentraient chez le

L’adoration des mages (d’Augustin Frison-Roche)
Augustin Frison-Roche,L’adoration des mages
À droite, couvertes de lumière, la richesse, le pouvoir, la ville, la citadelle, qui s’élèvent comme une montagne, une Babel, une cité d’or foisonnante ; à gauche, un ciel immense, nébuleux, rempli d’étoiles sous la splendeur duquel tout en bas apparaît, tout petit, un nouveau-né.
Dans la salle où il est présent

La sorcière (de Jules Michelet)
Image générée par Midjourney 6.1
Commençant les Sorcières, de Mona Chollet, je pense à La sorcière, le livre presque éponyme de Jules Michelet, paru en 1862 et qui fit alors scandale. Un livre qui, écartant les faits ou plutôt s’en détachant, s’éloignait de l’analyse historique traditionnelle pour décrire une sorte de rêve éveillé, de transe, de récit hallucinatoi

Cabane (d’Abel Quentin)
Une jolie spirale (mais qui n’est pas celle de Fibonacci)
Que fait-on, quand on sait mais qu’on ne peut pas ? Quand on sait, qu’on a parlé mais parlé dans le désert ; qu’on a dit mais que nul n’a voulu nous entendre ; que le laps de temps dont on disposait pour éviter la catastrophe est révolu et qu’il est désormais trop tard

L’Ève future (d’Auguste de Villiers de l’Isle-Adam)
Alicia Clary dans le cabinet de Thomas Edison, à Menlo ParkImage générée par Midjourney
En 1885, Thomas Edison, pour sauver du désespoir un de ses amis tombé amoureux d’une actrice très belle mais stupide et vulgaire, en crée une réplique artificielle, dite andréïde, physiquement indiscernable de l’original et dotée d’un cerveau, d’un système nerveux, de mu

Battlestar Galactica (de Ronald D. Moore)
©Sci-Fi Channel
On a toujours du mal (moi, du moins) à cerner les raisons de l’amour que nous portons aux êtres ; mais aussi de cette sorte d’amour que nous pouvons porter à des biens matériels ou encore, comme ici, à des oeuvres et créations humaines qui nous touchent particulièrement.
Je crois toutefois que ce qui me plaît, au fond, dans la série Battlesta

Antidote au culte de la performance (d’Olivier Hamant)
Un Shetland
Une fois défini un indicateur à l’aune duquel mesurer le succès d’un dispositif ou d’une entreprise, quelle qu’elle soit, la performance consiste à faire en sorte de maximiser cet indicateur.
Mais la prémisse est très importante : la performance n’a de sens que pour les systèmes simples, monotâches ou monovalents. Dès lors que la complex

La Belle est la Bête
La belle affiche du film La Belle et la Bête, de Jean Cocteau
De tous les contes, ceux que je préfère sont ceux de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, et parmi eux, tout particulièrement, La Belle et la Bête, qui depuis toujours m’enchante (et dont on trouvera ici une lecture faite à mes enfants il y a une quinzaine d’années).
Elle est l’histoire d’un prince qu’un sort a

Kill me (de Marina Otero)
(c) Teatro Madrid
C’est la dernière partie d’une trilogie dont je n’ai vu que cette dernière, pour sa dernière, dimanche, au Théâtre du Rond-Point.
C’est une femme, une femme amoureuse, amoureuse et dépendante ; amoureuse et dépendante d’un pervers qui la quitte, comme elle a toujours craint qu’il le fasse, comme elle l’a peut-être

L’invention de la famille (de Sonia David)
L’arbre généalogique de la famille (c) Editions Grasset
C’est le titre qui m’a plu, qui tout de suite m’a plu et attiré : inventer la famille, comme si celle-ci était non seulement donnée mais créée ou recréée, créée et recréée, sans cesse réimaginée et refantasmée. Et inventée aussi dans l’autre acception du terme : inventée comme on invente un tréso

Vive (de Joséphine Chaffin)
Vive (c) Compagnie Superlune
À Avignon, une scène qui ressemble à un tribunal, un tribunal qu’éclaireraient des lumières de ring. Une petite fille de sept ans qu’émerveillent les alexandrins y apprend Le Loup et l’agneau. Agneau, elle l’est, agneau dont le loup-père abuse (curieux euphémisme), abuse pendant des années, toutes les années d’école,

Manières d’être vivant (de Baptiste Morizot)
Les trois amazones de la ménagerie du Jardin des plantes
Il y a ce spectacle de danse, sur la forêt, donné l’autre soir au conservatoire du Ve arrondissement ; cette magnifique exposition sur Les vivants visitée à Lille, fin 2022 ; la journée Nous, le vivant, organisée en septembre 2023 par l’ENS et le Muséum ; il y a ce que Marc nous apprend au théâtre : sentir les aut

Alice Milliat
Alice Milliat en mars 1920, Agence Rol, Gallica
On aurait aimé (et ça n’est pas tout à fait hors sujet) un visage plus avenant, plus jeune, plus sportif, plus élancé, mais c’est sans doute notre désir, notre attente qui est trompée, pervertie peut-être, par l’image de douceur et de grâce qui colle aux femmes, que nous collons aux femmes, et que nous finissons par

Sur la route (de Jack Kerouac)
« Bon, on va tous sortir mater le fleuve et les gens et puis sentir l’odeur du monde », déclare, dans Sur la route, Neal Cassady à la petite bande qui traverse avec lui l’Amérique tandis que la voiture et ses passagers viennent d’embarquer sur un ferry qui, de la Nouvelle Orléans, va les transporter en face, à Algiers, sur l’autre rive du Mississippi.
Al

La France sous leurs yeux
(c) Olivia Gay et {BnF
C’est une magnifique exposition dont on sort bouleversé – dont je suis sorti bouleversé et ravi. Ravi comme le personnage des santons de Provence, qui sans doute était depuis toujours un peu simplet mais que sa rencontre avec l’enfant divin a dépris de lui-même. Et c’est bien ainsi que j’étais : ravi à moi-même, complètement heur

Le facteur K (d’Aurélien Barrau)
Mécanisme d’horloge (Musée des arts décoratifs de Strasbourg)
Il y a quelque chose de pourri dans le royaume technico-industriel dans lequel nous vivons, quelque chose de déréglé et de proliférant, que nous avons du mal à distinguer et à cerner car il émane de nos enfants les plus radieux, les plus doués et les plus prometteurs : la raison, la science, la technologie.
Quel

Le problème à trois corps (de Liu Cixin)
Il y avait l’autre jour à l’INALCO une conférence sur la guerre cognitive, et plus précisément sur la théorisation, par l’armée de la République populaire de Chine, de la guerre cognitive.
Ceux qui ont lu Le problème à trois corps (les deux premiers tomes sont passionnants, le troisième m’est tombé des mains) savent que cette question de la guerre cognit

Tous au Larzac
Le ciné-club de l’ENS projetait l’autre jour Tous au Larzac, un film réalisé en 2011 par Christian Rouaud.
Je ne connaissais pas ce film dont on sort heureux, confiant et ragaillardi, à la fois parce que la lutte qu’il raconte et son succès furent improbables, exemplaires et extraordinaires ; et parce que les témoins et acteurs qui les racontent, trente ou qua

Le matin des magiciens
Aurore à Porquerolles
C’est à ma mère, qui était très friande de ces choses-là, et qui fut l’une des premières abonnées à Planète, malgré un mari, mon père, qui était, lui, l’incarnation du rationalisme (mais cependant l’un et l’autre s’étaient rencontrés, plus et aimés, ce qui montre qu’ils n’étaient pas bornés mais au contraire con

La rencontre (de Charles Pépin)
Dans la rencontre, par la rencontre, on devient. Cette rencontre peut être celle d’une personne, d’une œuvre, d’un voyage, d’une simple idée. Mais, de cette rencontre, on sort transformé.
C’est à cette transformation que Charles Pépin consacre son livre La rencontre, une philosophie, dont la lecture bouleversera moins qu’elle ne confirme

L’Art de la joie (de Goliarda Sapienza)
Lluís Masriera i Rosés, Ombres reflectides (c) MNAC, Barcelone
Il y a, chez les êtres authentiques et libres, chez celles et ceux (plutôt celles, je pense) qui refusent viscéralement de se laisser emprisonner par les convenances, une énergie, une joie, une beauté profondes et rayonnantes qui font se ressembler, malgré toutes leurs dissemblances, Modesta, l’héroïne rebelle de

Bernard Marx et le meilleur des mondes
Cela m’est apparu il y a quelques jours, tandis que je relisais le livre : je crois que je me suis depuis toujours identifié à Bernard Marx, le héros pas très glorieux du Meilleur des mondes. Et je crois aussi que j’ai toujours ressenti un certain attrait pour ce Brave new world, pour ce monde qui, s’il relève en partie du cauchemar, a aussi pour lui d’être

Koyaanisqatsi
Koyaanisqatsi est un mot hopi signifiant vie déséquilibrée ou vie qui se désagrège. C’est le nom d’un film qui fut projeté hier en touche finale de la passionnante journée Nous ! le vivant, qu’organisaient, rue d’Ulm, à Paris, l’École normale supérieure, l’École nationale supérieure des arts décoratifs, le Museum national d’histoire natur

Elizabeth Costello (de J. M. Coetzee)
Deux agneaux à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne)
Elizabeth Costello, l’héroïne du roman portant son nom, passe son temps à franchir le point Goodwin et les bornes de la bienséance en dressant des parallèles entre les camps nazis et les grands abattoirs. Elle provoque ainsi la gêne irritée de son auditoire et celle de son fils, lui-même professeur d’université, qui trouve s

Une chambre à soi (de Virginia Woolf)
Louis Charlot, Le lever, Musée Rolin, Autun
« Il est indispensable qu’une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une œuvre de fiction. » écrit, dès la deuxième page de son livre, Virginia Woolf dans Une chambre à soi.
On ne lui avait pas tout à fait demandé cela. On lui avait demandé un texte sur les femmes et le roman et peut-être attendait-

Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce
Scabieuse de l’arboretum de Versailles-Chèvreloup
L’acharnement contre cette femme qui tente de rejoindre l’AG de TotalEnergies en franchissant un sitting de manifestants, la rediffusion en boucle de sa video accompagnée de commentaires sexistes et fantasmés parce qu’elle porte des escarpins, c’est entre autres cela qui m’a fait relire le très be

Le Mont Analogue
« La porte de l’invisible doit être visible » répète Patti Smith dans Peradam, ce morceau-titre de l’album dont le nom renvoie à cette « seule substance, ce seul corps matériel auquel les guides du Mont Analogue reconnaissent une valeur. »
Le Mont Analogue est cette montagne, la plus haute du globe, qui s’élève, invisible, au milieu des mers antipodiques, et q

Pieds nus sur la terre sacrée : analogie, analyse, nature et domination
Un tableau de Jaider Esbell
Dans un petit recueil intitulé Pieds nus sur la terre sacrée, Teresa Carolyn McLuhan a réuni des textes écrits ou prononcés par des Indiens d’Amérique entre le XVIIème et le XXème siècle.
On y découvre des discours, des propos, des extraits de lettres, des morceaux d’entretiens, qui disent les relations entretenues par les Indiens avec la terre, l

La montagne magique (de Thomas Mann)
Hans Castorp, un jeune Hambourgeois qui se destine à une carrière d’ingénieur naval, rend visite à son cousin, Joachim, soigné dans un sanatorium de Davos, en Suisse. Venu pour un séjour de trois semaines, il demeurera sept ans dans la montagne. Et c’est là, en haut, loin de la société et des préoccupations ordinaires, qu’il grandira, se découvrira, s’épanouira à l

L’équilibre (ou la quatrième vision d’Hildegarde)
Il devait en avoir, de la patience et de l’amour, Volmar, pour tenter de suivre, de décrire et de mettre en bon latin les visions d’Hildegarde, pour tenter d’ordonner, de canaliser comme dit l’autre, ce qui devait ressembler à un débordement sauvage et irrépressible.
La quatrième vision du Livre des oeuvres divines, d’Hildegarde de Bingen, commence, co

Le deuxième sexe (de Simone de Beauvoir)
Je ne sais qui, parmi toutes celles et ceux qui en parlent, a lu vraiment, intégralement, Le deuxième sexe, de Simone de Beauvoir, ces presque mille pages réparties en deux tomes distincts.
Pour l’avoir fait, je puis dire que c’est un livre extraordinaire : on est – je suis – stupéfait par la culture, l’intelligence, la sensibilité, la finesse que déploie

La pêche du jour (d’Eric Fottorino)
« Le Yéménite est plus fin que la bonite » : c’est de cette rime, qui pourrait être tirée d’une comptine pour petits ogres, qu’Eric Fottorino est parti, en juin dernier, pour écrire La pêche du jour, petit texte cinglant à la lecture théâtrale duquel j’ai assisté, hier soir, à Normale Sup.
Jacques Weber et Lola Blanchard étaient les lecteurs-interprètes et, à l&rsqu

Laureline, Mara et autres héroïnes
On a beaucoup parlé, à l’occasion de la mort de Jean-Claude Mézières, du personnage de Laureline, la compagne de Valérian, qu’il avait créé et qu’on décrit comme une des premières héroïnes authentiquement féministes de la bande dessinée, ce qui est certainement vrai. J’aime bien Laureline. Elle est pétillante, dynamique, réfléchie, intelligente, sage, jolie, curieuse,

Un dépôt d’or pur (Simone Weil)
Dans une lettre à ses parents datée du 18 juillet 1943 (lettre qu’on trouvera plus bas dans son intégralité), Simone Weil parle de la certitude intérieure croissante qu’elle éprouve qu’il se trouve en elle un « dépôt d’or pur qui est à transmettre » ; que c’est un bloc massif, qui croît avec le temps et l’expérience, qui ne peut être distribué par peti

Âge, corps, femmes, hommes
Un corps à soi, de Camille Froidevaux-Metterie, est un livre plein de richesses : beaucoup d’idées qui me paraissent fausses et que je ne partage pas ; beaucoup qui sont passionnantes, ouvrent des horizons, mettent le doigt ou un nom sur des phénomènes et des situations qui soudain s’éclairent.
J’ai évoqué ailleurs l’assignation des femmes à leur corps, dont l&r

Venise sauvée (de Simone Weil)
En 1940, Simone Weil commence la rédaction d’une tragédie : Venise sauvée, qu’elle laissera inachevée à sa mort, en 1943.
La pièce a pour cadre la Venise de 1618 et raconte le coup de force tenté cette année là, selon l’abbé de Saint-Réal, par l’ambassadeur d’Espagne pour renverser la République vénitienne. Cette conjuration, qui échoua, avait déjà ét

Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/gouges.mp3
En septembre 1791, Olympe de Gouges publie à l’attention de l’Assemblée nationale une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne qu’elle adresse également à la reine, Marie-Antoinette.
Les 17 articles du texte sont calqués sur ceux de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen publiée en 1789, à ceci près

Elégie de Marienbad
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/marienbad.mp3
Gœthe a 73 ou 74 ans en 1823, lorsqu’il demande la main de Ulrike von Levetzow, une jeune fille de 19 ans qu’il côtoie depuis plusieurs étés à Marienbad.
La jeune fille refuse ; Gœthe se lance alors dans l’écriture de l’Élégie de Marienbad, un long poème qu’il fera paraître quelques années plus tard.
Quand il tombe

La pureté, inversion maligne de l’innocence
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/aulnes.mp3Le Roi des Aulnes, de Michel Tournier (qui tire son nom du poème éponyme de Goethe) raconte, à travers la figure d’Abel Tiffauges, la prise de conscience et l’acceptation de l’inversion, cette propension de certaines choses à vibrer, à vaciller, à se retourner, révélant ainsi qu’en leur sein se niche leur contraire, qualité ox

Ayn Rand : La grève (Atlas shrugged)
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/greve.mp3
Si l’on met à part les 70 pages, statiques et un peu indigestes, du manifeste radiophonique de John Galt, La grève (Atlas shrugged) d’Ayn Rand, est un roman passionnant, l’extraordinaire portrait d’une Amérique dystopique et bien-pensante qui, a force de pseudo altruisme et de vraie hypocrisie, serait, dans les années cinquan

Le Paradou
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/Mouret.mp3Ce sont les Talas, les animateurs de l’aumônerie catholique de Normale Sup, qui ont vendu la mèche : la vraie faute de l’abbé Mouret, ça n’est pas d’avoir aimé Albine, c’est de l’avoir abandonnée dans son désespoir.Mais dans cet autre récit de la Chute qu’est La faute de l’abbé Mouret, d’Emile Zo

La servitude volontaire (ou l’optimisme de La Boétie)
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/boetie.mp3A la fin de son Discours sur la servitude volontaire, Etienne de La Boétie a l’intuition de ce que la servitude est non pas seulement acceptée, ni même désirée, du fait d’une ruse ou d’une subtilité machiavélique des puissants qui instilleraient ce faux désir en nous, mais qu’elle est consciemment voulue et construite par nous

Jeanne
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/jeannedarc.mp3
Il y a, dans toutes ou presque les églises de France, des statues de plâtre de Jeanne d’Arc. Des reproductions par centaines des quelques dizaines de modèles créés au début du XXème siècle, entre la béatification de 1909 et la canonisation de 1920.
Créées de part et d’autre de la Grande guerre, ce sont des Jeanne martiales et souven

« Ce que le courage du pêcheur doit au rocher battu par la mer »
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/nature.mp3
Dans La nature, qu’il publie en 1836, Ralph Waldo Emerson proclame la sympathie, les résonnances, les correspondances – le lien profond unissant l’homme à la nature, qui fait qu’il se retrouve en elle et qu’il se perçoit, en son plus intime, comme une partie d’elle.
Le texte commence comme un poème, comme une ode

Monsieur Madeleine et la conscience
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/miserables.mp3Quand Jean Valjean, devenu Monsieur Madeleine, bienfaiteur et maire de Montreuil-sur-Mer, apprend qu’un innocent va être condamné pour ses propres crimes, il abandonne tout pour aller se dénoncer.C’est ce passage que je lis.Pourquoi agit-il ainsi ? Il a, pendant des nuits, agité cette décision dans son esprit : c’est qu’en

Imaginer l’après
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/crises.mp3Dans le recueil d’interventions paru sous le titre Vivre dans un monde en crise, Jiddu Krishnamurti parle longuement de la pensée. De sa grandeur mais surtout de ses limites ou plutôt de ses biais, avec cette tendance, qui lui est naturelle et structurelle, de figer la perception des choses, des événements, des êtres, à leur état passé, et son

Héloïse
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/heloise.mp3C’était il y a 900 ans, et Héloïse, la brillante Héloïse, avait été séduite par son professeur. L’aimait-il ou cela n’avait-il été au début pour lui qu’une passade, un jeu, un défi de Don Juan à relever ? Rien ne permet de le savoir avec certitude mais il n’est pas certain qu’il l’aima, du moins au début. On

Dieu a rougi la cime ensoleillée des monts du sang de la tulipe
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/attar.mp3
La conférence des oiseaux, de Farid-ud-Din ‘Attar, est un long poème mystique de tradition soufie.
Il raconte la quête par les oiseaux de Simorgh, leur roi, et est un hymne à Dieu et à la création.Ce texte du XIIè siècle est plein de grâce, de joie, d’humour et de beauté : chacun des oiseaux accompagnant la huppe, qui mène la troupe parc

Dame Eboshi
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/mononoke.mp3
Dame Eboshi n’est pas le personnage principal de Princesse Mononoké, non plus que le meilleur ou le plus admirable, mais il a longtemps été celui que je préférais.
Le prince Ashitaka, qui est le personnage principal du film, est vraiment un héros à la Franck Capra : il est courageux, bon, généreux, compréhensif, profondément humain dans la

Femmes puissantes
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/soeurs.mp3
Trois femmes puissantes, de Marie NDiaye, et Soeurs, de Wajdi Mouawad, dont je lis un extraordinaire monologue, racontent l’histoire de femmes qui, acculées à un destin de sacrifice et de renoncement, y font face avec détermination et dignité, tandis que les hommes qu’elles côtoient – et qui souvent sont responsables des malheurs

L’art du chat merveilleux
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/chatmerveilleux.mp3En annexe de son livre sur le Hara, Karl Graf Dürckheim reproduit un vieux conte taoïste souvent cité dans les écoles japonaises d’escrime : l’art du chat merveilleux. C’est l’histoire d’un maître d’escrime dont la maison est occupée par un rat agressif que ni chats, ni le maître d’escrime lui-même n

À la merci
Sur un berceau, couvert de paille ou non, l’être le plus fragile et le plus faible qui soit, un petit d’homme nouveau-né. Il dépend entièrement de l’amour et des soins qu’on lui donne, sans lesquels il mourrait. Aucune créature n’est plus faible : seule, elle ne survivrait pas un jour, incapable qu’elle est de se nourrir, de boire, de se protéger du froid et de

Shangri-La ou l’éloge de la modération
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/lost.mp3
Les horizons perdus, de James Hilton, dont on connaît plus souvent le film éponyme qu’en a tiré Frank Capra, raconte la découverte, par des occidentaux des années 1930 dont l’avion a été détourné, d’une vallée perdue au milieu du Tibet, au sein de laquelle s’épanouit, depuis le XVIIIè siècle et sa fondation par le P

Le mépris, le déni et le monde qui se délite
Le mépris, d’Alberto Moravia, raconte la progressive découverte, par un homme, de ce qu’il sait déjà, de ce qu’il sait depuis le début. C’est le récit d’un déni qui s’achève, pareil à celui que nous ressentons face au monde qui s’abîme, le voyant se déliter sans cependant y croire vraiment, écartelés que nous sommes entre l’aveuglement, le r

L’aplatissement du monde
Dans la leçon de clôture du cours qu’il donna au Collège de France, dont je lis un passage, Alain Supiot souligne que le travail n’est pas une marchandise et que le considérer comme tel participe du grand délabrement des choses généré par la réduction du monde à un marché.
Et c’est ainsi qu’au fur et à mesure que se dressent, dans le ciel des centres d’aff

Jeanne, Charlotte et les autres
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/jeanne.mp3
Ce sont quatre photos prises au même endroit. Dans les trois dernières, je reconnais Jeanne ; je ne la reconnais pas dans la première. Ou peut-être est-ce la petite fille dans l’ombre. Dans l’ombre, probablement, de sa grande sœur Charlotte.
Je dis la première parce que, des quatre photos, celle-ci est celle sur laquelle

L’épaisseur du monde : la pensée écologique, de Timothy Morton
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/epaisseur.mp3
Dans son livre La pensée écologique, Timothy Morton décrit l’interconnexion des êtres, la densité et la constance de leurs interactions, l’imbrication fractale existant entre les créatures. C’est la prise de conscience de cette épaisseur irréductible du monde qu’il appelle la pensée écologique.
Cette imbrication est de chaque i

Le jeu des perles de verre : introduction à notre entrée dans le Moyen-âge
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/perles.mp3La plongée dans le Moyen-âge fut sans doute non pas seulement le fruit du repli des esprits et de la rétractation des groupes humains sur eux-mêmes mais la réaction de défense de la société à l’effondrement des échanges et à l’écroulement des universaux. On se rendit compte progressivement – comme on peut parfois avoir l’impre

Les lis des champs
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/20190929lis.mp3Dans les évangiles de Matthieu et de Luc, est relatée cette déclaration dans laquelle Jésus, prenant l’exemple des lis dans les champs, qui ne peinent ni ne filent, et des oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent, appelle les hommes à ne pas se préoccuper du lendemain. « A chaque jour suffit sa peine. », conclut-il cette exhortati

Le Seigneur m’a dit de manger (de Marie Noël)
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/manger.mp3En 1927-1928, Marie Noël (Marie Rouget de son vrai nom) écrit un long poème en quatre parties intitulé Adam et Eve. C’est la première partie de ce poème, nommée Poème des dents, que je lis (et qui est reproduite plus bas).C’est une oeuvre sombre, une méditation amère sur la danse sinistre qui lie la vie et la mort, qui met la mort au coeu

« Si la douceur était un geste, elle serait caresse »
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/douceur.mp3
Puissance de la douceur est un très joli livre d’Anne Dufourmantelle. Elle y dit, avec retenue et délicatesse, avec douceur, l’immense puissance de la douceur, dit le regret que cause son instrumentalisation, sa réduction à quelque chose d’insipide et de mielleux, de monocolore, qui est perversion de ce qu’elle est :
« La

Faut-il que nous soyons corrompus de façon répugnante…
« Faut-il que nous soyons corrompus de façon répugnante, pour avoir cru, pendant des millénaires, que chutent les Anges par amour des filles belles, alors que le meurtre et la guerre passent pour héroïques et forts. » écrit Michel Serres dans La légendes des anges.
Cathédrale Notre-Dame de Noyon : sculpture sur le portail Sainte-Godeberthe
Je pensais à cette phrase en observ

Antigone, l’orgueil et la liberté
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/antigonebauchau.mp3
Depuis toujours, Antigone m’horripile avec son orgueil et son mépris du bonheur. Mais je l’aime. Je l’aime et me dis parfois que son insupportable orgueil n’est que l’autre nom de la liberté.
La liberté, c’est le pouvoir de dire « Non » comme le fait l’héroïne dans le passage lu de l&rsq

Les miracles véritables, qu’ils font peu de bruit !
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« Les miracles véritables, qu’ils font peu de bruit ! Les événements essentiels, qu’ils sont simples ! » – écrit Antoine de Saint-Exupéry au début du chapitre III de sa Lettre à un otage. Il y parle d’un déjeuner passé sur les bords de Saône avec son ami Léon Werth, déjeuner qui fut comme un moment de grâce sur les rais

Aimer – me dit l’aimée – Sais-tu de quoi tu parles ?
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Il faut, pour avancer,
Accepter de chuter dans le déséquilibre ;
Pour remplir ses poumons,
Accepter de d’abord les vider ;
Pour vivre,
Laisser mourir celui qu’on a été.
Accueillir sa faiblesse
Parce qu’elle permet d’accueillir celle de l’autre ;
Etre tendre
Parce que la tendresse est ce qui ne construit pas de muraille,

Anne et Etty (souvenir d’Amsterdam)
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Anne, ma sœur Anne,
Tu as vu tant venir
Depuis ces pièces sans fenêtres
Où ta jeunesse fut enfermée !
Sous l’éclat du dehors,
La guerre fait poudroyer la haine.
Etty, ta presque sœur,
A trouvé la clef d’or
Au fond de ce grand puits
Sondé par ses prières.
Dans l’ombre du dehors,
La guerre fait poudroyer l’amour.
Amsterdam

Novlangue
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/novlangue.mp3 « Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? » , demande Syme à Winston, au début du 1984, de George Orwell. « À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement

Porte des étoiles
https://aldoror.fr/wp-content/uploads/portedesetoiles.mp3 Dans sa troisième Méditation sur la beauté, dont je lis un passage, François Cheng écrit : « une beauté authentiquement incarnée n’est jamais beauté d’une simple figure isolée. Elle est transfiguration par la grâce de la rencontre d’une lumière intérieure et d’une autre lumière donnée là depuis toujours, mais tant d

L’Imprécateur (René-Victor Pilhes)
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L’Imprécateur est un roman de René-Victor Pilhes paru en 1974 et qui a, cette année-là, reçu le Prix Femina.
Raconté par le directeur des relations humaine de la filiale française du groupe, le roman relate la chute de Rosserys & Mitchell, une multinationale géante dont le siège française est en butte à la fois à des fissur

Un métal qui résonne
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Etty Hillesum terminait sa lettre de décembre 1942 par la phrase suivante :
Je pense, avec une naïveté puérile peut-être mais tenace, que si cette terre redevient un jour tant soit peu habitable, ce ne sera que par cet amour dont le juif Paul a parlé jadis aux habitants de la ville de Corinthe au treizième chapitre de sa première lettre.
Le trei











