
Chronique de Jean-Baptiste Placca
Jean-Baptiste Placca, chroniqueur au quotidien La Croix et fondateur de L'Autre Afrique, livre sa vision sur l'actualité africaine de la semaine écoulée. Entre analyse, réflexion et mise en contexte, cette chronique est l'occasion de donner du sens et de prendre du recul sur les événements de la semaine. Elle permet également de revenir sur des sujets parfois traités trop rapidement dans le flot d'une actualité intense.
Épisodes

Si c'est un rêve…
Merci ! Après dix-huit ans de présence sur cette antenne, cet édito est le dernier que vous proposez aux auditeurs de RFI. Alors, on va changer les habitudes. Plutôt que de vous poser la première question, je vous laisse ouvrir le bal… Dans la nuit du 26 au 27 octobre, ministres et dignitaires du régime se succèdent au Palais présidentiel, dans un incessant ballet de rutilantes berlines et de luxu

Des dirigeants de meilleure qualité
Pour ne pas risquer de se retrouver avec pire que ce que les peuples rejettent, des tamis de vigilance s’imposent désormais dans la sélection des candidats à la magistrature suprême. À Madagascar comme ailleurs. Acculé par une jeunesse malgache pleine de détermination, Andry Rajoelina a déserté le pays, et l’Assemblée nationale l’a destitué. L’armée a pris les commandes, et le colonel Randrianirin

Du bon usage électoral
Tous les chefs d'État ne se valent pas, en Afrique. Les conditions de son élection et les moyens dont chacun use pour accéder à la magistrature suprême déterminent la perception que son peuple (et l'opinion continentale) a de sa personne. Et ce peut être important pour « sa » gestion des affaires… Cameroun, Côte d’Ivoire, Tanzanie… Sur le continent africain, trois présidentielles se tiennent en ce

Toujours plus décevants !
Ils gouvernent tous de la même manière, enchaînent plus ou moins les mêmes travers, et finissent, presque tous, poussés vers la sortie par la rue. Peut-être est-il temps, pour les Malgaches comme pour quelques autres peuples africains, de se montrer plus exigeants dans le choix de leurs dirigeants… À Madagascar, Andry Rajoelina a eu beau congédier son gouvernement, cela ne semble pas suffire à cal

L'Afrique, entre Israël et Palestine: migration des solidarités
Quelques grandes capitales occidentales viennent d’annoncer la reconnaissance de l’État palestinien, adoubé, depuis 1988, par la quasi-totalité des pays africains. Mais, lorsque à la tribune des Nations unies, des dirigeants africains ont fait, cette semaine, un vibrant plaidoyer pour le peuple palestinien, certains se sont dits que l’Afrique, majoritairement, est hostile à Israël. La plupart des

Et vive l'inconséquence des opposants!
Dans nombre de pays africains, les dirigeants et régimes décriés doivent leur pérennité autant aux inconséquences de leurs oppositions qu'au soutien aveugle et zélé de leurs partisans. Il était annoncé comme une simple révision technique, mais le projet adopté, cette semaine, par l’Assemblée nationale, au Tchad, est important. Il porte sur la durée et le nombre de mandats que peut briguer le prési

Silence aux pauvres
Là où les politiques se servent des leviers du pouvoir pour affamer leurs adversaires et même la presse, la démocratie n'a aucun avenir. Cela est valable pour le Sénégal, comme pour tous les autres pays du continent. Privés de la manne publicitaire des agences gouvernementales et sociétés d’État, nombre de médias du Sénégal risquent l’asphyxie. Ces contrats représentaient jusqu’à 70% des recettes

Ce Bénin qui n'en finit pas d'étonner
Au Cameroun, Paul Biya, 92 ans, s’apprête à rempiler pour un huitième mandat, le mois prochain, tandis qu’en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, 83 ans, en briguera un quatrième. La vedette du moment est pourtant le Béninois Patrice Talon, qui vient de désigner son dauphin, confirmant son départ du pouvoir en avril prochain. L’admiration qu’il suscite est-elle justifiée ? Dresser des colonnes d’apo

Au Cameroun, quand le griot se fait détracteur…
Naguère chantre zélé du régime Biya, un ancien ministre de la Communication (et porte-parole du gouvernement) alerte : ce système politique est à bout de souffle. En parler relève-t-il de la traîtrise ou de l'œuvre de salubrité publique ? Moralité : ne jamais désespérer de l'être humain… Deux défections majeures, dans la coalition au pouvoir au Cameroun, et une petite fronde au sein du parti major

Côte d'Ivoire: par le chemin des écoliers
Pendant que le sortant se donne le temps de décider, quatre des challengers, disqualifiés sur le terrain judiciaire, voudraient des mesures politiques, pour se porter candidats. Que restera-t-il de l’État de droit et de la démocratie, lorsque, pour satisfaire les uns et les autres, on aura fini, à coups de petits arrangements politiciens, de contourner la loi et les règles ? Retraite définitive ou

Ce beau et juteux métier!
156 millions de dollars imputés à Matata Ponyo, condamné à dix ans de prison, en mai dernier ; 50 millions, pour Vital Kamerhe, condamné en 2020, puis acquitté en 2022 ; 19 millions, aujourd’hui, qu’est présumé avoir détournés Constant Mutamba… En RDC, le peuple vivote en francs congolais, et l’élite détourne et s’engraisse en dizaines, sinon en centaines de millions de dollars. Faites de la polit

Togo: vingt ans, et après ?
En Afrique de l’Ouest, hormis les régimes putschistes, il était un des rares à refuser la limitation (à deux) des mandats présidentiels. Pour continuer à diriger indéfiniment, sans passer pour le mouton noir du groupe, il a opéré un réaménagement cosmétique de la Constitution. À présent, ses adversaires attaquent ses résultats. Sous prétexte qu’il a échoué sur tous les plans, Faure Gnassingbé a ét

Petite décrispation à Kinshasa
Dans la rencontre de ce 5 juin entre Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, certains voient une victoire politique pour le chef de l’État congolais, tandis que d’autres soupçonnent un ralliement et parlent d’opposition, de connivence. Comment se faire un avis, avec des appréciations aussi contrastées ? D’abord, une certitude : cette rencontre est un événement marquant de la vie politique congolaise. M

BAD: de quelle couleur est donc le développement ?
Encore combien de décennies, pour que les peuples africains réalisent à quoi peut bien ressembler cette grande promesse des indépendances ? C'est là une question qui devrait préoccuper davantage la BAD, au moment où son président depuis dix ans s'en va, tout fier de son bilan, et que l'on vient d'élire son successeur pour les cinq prochaines années. Sidi Ould Tah, ex-grand argentier de la Mauritan

BAD: ce qui manque le plus: des leaders visionnaires
Des profils pointus, capables de gérer valablement une institution comme la Banque africaine de développement, l’Afrique en regorge à profusion, autant sur le continent que dans la diaspora. « Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement ». Tel est le thème des Assemblées de la Banque africaine de développement, qui se tiennent, la semaine prochaine, à Abidjan,

Au Mali, consternant pari !
Dans un pays, le Mali, où tant de jeunes sont morts, depuis mars 1991, pour la démocratie, dissoudre purement et simplement les partis politiques, avant d'avoir pensé, ensemble, l'avenir, n'a rien de rassurant. À bien des égards, cela revient à miser sur l'apathie, sinon la résignation de ce peuple. Une méprise. C’est par un décret, lu à la télévision nationale, ce 13 mai, que le pouvoir de Bamako

Léon XIV a tout pour comprendre les Africains
« L'homme humilié ne peut être voulu de Dieu », disait, au IVᵉ siècle, Saint Augustin l’Africain, évêque d’Hippone, Père de l'Église, théologien, père spirituel de l’ordre dont vient le nouveau pape. Dans un monde où tant d’hommes de pouvoir, chrétiens, semblent n’avoir pour programme politique que l’humiliation de l’autre, des autres, l’insistance de Léon XIV sur le fait qu’il était « un fils de

Gabon: spectaculaire retour en grâce
Prendre le pouvoir par les armes n'est pas, en Afrique, un péché fatalement mortel, qui vous envoie brûler en enfer. Vous pouvez même, au terme d'un bref passage au purgatoire, avoir droit à une entrée triomphale dans le club des chefs d'État. C'est juste une question d'habileté. Jour de fête, à Libreville ! Le général Brice Oligui Ngema prête serment, ce samedi 3 mai, en présence d’une quinzaine

Le pape François: testament pour la Création et les Créatures
Il l'adressait aux Américains, en septembre 2015. « Traitez les autres avec la même passion et la même compassion avec lesquelles vous souhaitez être traités ». Ainsi parlait le pape François aux élus américains, réunis pour l'acclamer en 2015. Dix ans plus tard, cette exhortation s'impose plus que jamais, et tous devraient la méditer, au moment où la planète fait ses adieux au pape argentin. Quel

Afrique: le sursaut ou la noyade
Dans le désordre généralisé provoqué par les guerres commerciales tous azimuts du chef de l'exécutif américain, l'Afrique risque de voir sa position sur l'échiquier mondial fragilisée. À moins de repenser enfin solidement son destin. Ce dont, pour l'instant, l'on ne perçoit aucun signe. Alors que les décisions intempestives et les volte-face à répétition de Donald Trump ne cessent de mettre le fra

Discrétion, distinction et humilité: hommage à Essy Amara
Par la classe et l’exemplarité qu’ils affichaient dans l’exercice de leur métier, les diplomates de sa trempe ne pouvaient que susciter des vocations. Diplomate de carrière, Essy Amara, dernier ministre des Affaires étrangères de Félix Houphouët-Boigny, s’en est allé cette semaine, à 82 ans. En quoi les hommages qui lui sont rendus se distinguent-ils des convenances habituelles, souvent teintées d

Une mort gratuite! Scandaleusement douloureuse!
Dans une Afrique largement handicapée par l'incompétence de certains de ses dirigeants, faire correctement son travail aussi peut vous coûter la vie. Surtout si votre « zèle » froisse une personnalité. Ou un des sous-fifres qui l'entourent… Il s’appelait Fiston Kabeya. Roué de coups et embarqué par la garde rapprochée de la Première ministre de RDC. Mort s’en est suivi. Son crime : avoir osé rappe

Toujours dans l'indolence du pacte colonial
En persistant, six décennies après les indépendances, à exporter, brutes, ses matières premières, l'Afrique, perpétue elle-même la répartition du travail qui, pour ne pas faire concurrence à la métropole, la figeait, au temps colonial, dans le sous-développement. De retour d’une tournée dans la région des Grands Lacs, le Dr Ronny Jackson a dressé, pour le Congrès américain dont il est membre, un é

Francophonie: trois départs, et vive la «bantouphonie»!
Au tournant du millénaire, nombre d'Africains voyaient chez l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) un acteur décisif de la démocratisation du continent. Marquée par ses silences gênés en rapports embarrassés sur de flagrantes fraudes électorales, l'OIF est abandonnée en groupe, désormais. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont choisi la semaine du 55ème anniversaire de l'organisa











